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Retraite à 60 ans à taux plein : Un enjeu de civilisation. Nous sommes tous concernés !
Une nouvelle « réforme des retraites » est en vue. Elle fera suite au énième rapport sur le sujet. Les arguments sont connus: « on vit plus longtemps, donc il faut cotiser plus longtemps ». Contrairement à ses promesses de campagne, François Hollande fait sienne cette vielle rengaine que la droite et le patronat nous ont servi à chaque « réforme », et notamment en 2010. Le PS, alors, manifestait dans la rue... Mais ça, c'était avant !
Les réformes précédentes ont toutes été synonymes de réduction des droits, de durcissement des conditions d'accès à la retraite. Elles ont reculé l'âge de départ à la retraite, allongé la durée de cotisation pour le bénéfice d'une pension à taux plein et contribué à réduire le niveau des pensions distribuées. Le gouvernement, en la matière, semble vouloir s'inscrire dans la continuité de ses prédécesseurs.
Ces réformes ont été imposées au nom du « sauvetage de notre système de retraite solidaire ». Force est de constater qu'elles ont échoué. Et cela doublement. Elles n'ont pas permis de résorber le déficit des régimes de sécurité sociale. Le régime général était excédentaire en 2000 (+0,5 milliards d'euros), il est désormais déficitaire (-3,5 milliards d'euros attendu fin 2013). D'autre part, elles ont pesé sur le pouvoir d'achat des retraités et impacté la croissance de l'économie. En 20 ans (1992-2012), le pouvoir d'achat des pensions de base a perdu 7,22 % et celui des complémentaires 13,19% (ARRCO : -10,95 % et AGIRC : -15,43%).
Faut-il donc continuer dans une direction qui mène dans le mur ?
Travailler plus longtemps puisque l’on vit plus longtemps ? Est-ce normal de travailler plus en fonction d’une augmentation de l’espérance de vie ? Cela est régulièrement présenté comme inexorable. Nous le contestons.
Si effectivement l'espérance de vie augmente, ce n'est pas le cas de l'espérance de vie en bonne santé, qui elle, stagne et risque de diminuer.
Les gains d’espérance de vie existent depuis 1946 et c’est tant mieux. Entre 1946 et les années 80, le gain à 60 ans a été de 5 ans pour les femmes et de 4 ans pour les hommes. Et pourtant, le gouvernement et la majorité de gauche ont concrétisé une revendication du monde du travail et un engagement de la gauche introduisant l’âge ouvrant droit à la retraite à 60 ans au lieu des 65. La gauche a donc fait l’inverse de ce que le gouvernement prétend aujourd’hui inexorable… Les gains d’espérance de vie n’ont pas vocation à augmenter le temps de travail mais plutôt le temps de vie de libre activité. Si la vie au travail doit vraiment devenir une condition d'un épanouissement de tous et de toutes, elle ne doit pas être le seul horizon. C'est d'ailleurs une constante de l'histoire et un signe du progrès de la civilisation. Avec l'augmentation de la richesse produite et des gains de productivité, le temps de travail tout au long de la vie diminue et le temps hors travail augmente.
La retraite : un enjeu de société
La retraite, passage à l’inactivité ou nouvelle période de la vie sociale et citoyenne est-elle un temps utile pour la société ? Les retraité-e-s sont-ils ou elles une charge ou une utilité sociale ? L’important n’est-il pas d’arriver à la retraite en bonne santé ? Les choix effectués relèvent de la nature de notre vie en société, de la place et du concept du travail, du rôle et de la place des retraité-e-s. C’est une exigence de justice sociale avec la sécurisation du parcours de vie de la naissance à la mort et un financement, intergénérationnel et solidaire, tiré des richesses créées par le travail dans l'entreprise. Les questions de la place des retraité-e-s, de leur participation à la vie sociale, de la reconnaissance de leur apport à la société se posent avec force. Elles nécessitent un vrai débat public en mettant la place et le respect de l’Humain au cœur de la décision politique ! C’est un choix de société, de civilisation !
De plus, les propositions du gouvernement reposent entièrement sur les salariés et les retraités, pas sur les revenus financiers. Aucun financement nouveau n'est recherché.
Pour le moment, les pistes retenues n'augurent rien de bon : un allongement de la durée de cotisation à 43 voir 44 années d'annuités; la mise à contribution des retraités en supprimant l'abattement fiscal auquel ils avaient droit, en désindexant le montant des pensions de l'inflation, en augmentant leur taux de CSG; modification vers le bas du mode de calcul des retraites des fonctionnaires en les faisant passer pour des privilégier au lieu de tirer vers le haut le mode de calcul des salariés du privé.
Les jeunes seront condamnés à rester à la porte de l'emploi, les salariés invités à voir reculer un peu plus l'espérance d'une vraie vie après le travail et les retraités seraient contraints de se serrer encore un peu plus la ceinture.
D'autres solutions existent. La part des richesses créées par le travail consacrée aux salaires n'a cessé de baisser. Celle accaparée par les revenus financiers a quasi doublé atteignant près de 310 milliards d'euros en 2012. Pourquoi ne pas trouver dans ces revenus de quoi financer des mesures de justice sociale ?
Les propositions du PCF pour un régime de retraite solidaire :
1. Fixer le départ en retraite à 60 ans à taux plein
2. Assurer le montant du taux de remplacement à 75% du salaire de référence à partir des 10 meilleures années dans le privé et des 6 derniers mois dans le public, au nom de l'équité public/privé, en engageant le principe qu'aucune pension distribuée ne puisse être inférieure au niveau du SMIC
3. Indexer l'évolution du niveau des pensions sur les salaires et non sur les prix
4. Valider les années de formation comme des années travaillées afin de ne pas faire des besoins de qualification des handicaps au bénéfice de la retraite à 60 ans
5. Engager de véritables négociations sur la pénibilité du travail pour un réel départ anticipé et sur situation des « entrées dans le monde du travail précoce » qui doivent avoir un départ anticipé (tous les dispositifs d’apprentissage par exemple)
6. Développer la prévention, améliorer les conditions de travail afin d’arriver à la retraite en bonne santé
7. Revenir sur les réformes régressives qui ont été engagées depuis 20 ans : Abrogation des réformes Balladur et Fillon avec suppression des décotes et retour aux dix meilleures années comme référence pour les salariés du secteur privé et au six derniers mois pour le secteur public.
8. Développer des services publics en direction des personnes âgées afin de leur permettre d’avoir une vie sociale dans la dignité
En 2010, les forces de gauche se sont battues ensemble pour faire échec à la réforme Woerth/Sarkozy des retraites. Les communistes au cœur du Font de gauche seront aussi déterminés à contribuer à tous les rassemblements utiles pour mettre en échec de nouveaux reculs sur les retraites, utiles pour faire réussir une autre réforme, consolidant notre régime de retraite solidaire.
Documents à consulter sur le sujet sur le site internet du journal l'Humanité ou en cliquant sur le lien suivant link