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Depuis des dizaines d’années, les gouvernements successifs de droite mais aussi celui de François Hollande et Manuel Valls dernièrement, nous imposent les mêmes politiques en matière d’emploi et d’aides économiques : baisse des droits pour les salariés, des salaires comprimés, un recul successif de l’âge de départ à la retraite, un code du travail démantelé, des procédures de licenciements assouplies mais toujours plus d’allègements de cotisations pour les entreprises, toujours plus d’aides économiques en tout genre et bien sûr sans la moindre contrepartie.
Pour quel résultat ?
Une aggravation continue du chômage qui dépasse aujourd’hui les 5 millions de chômeurs dans le pays, dont près de 50 000 dans le Loiret, un pouvoir d’achat en baisse, des difficultés plus nombreuses, des inégalités qui s’accroissent, le développement des bas salaires et une croissance en berne. Depuis 2008, dans le Loiret, ce sont plus de 8000 emplois, dont 3000 emplois industriels, qui ont disparus.
Le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) d’un montant de 20 milliards d’euros versés aux entreprises, en plus des 180 milliards d’euros annuels d’aides existantes, devait permettre la création de 300 000 emplois d’ici 2017, soit la modique somme de 266 666 euros par emploi créé (sic). Pourtant, il n’en est rien puisque une grande partie de cette somme a été distribuée en dividendes aux actionnaires d’entreprises qui n’étaient pas soumises à la concurrence internationale. De plus, des entreprises ayant touché des sommes importantes du CICE continuent de licencier.
TRW Orléans La Source :
600 000 euros de CICE en 2013 et 2014
37 emplois menacés
La Poste :
297 millions d’€ de CICE
+ de 5000 licenciements
SANOFI
150,7 millions d’€ de crédits d’impôts
4000 emplois supprimés en 5 ans en France et d’autres sont à prévoir
Alors que l’inefficacité de ces mesures n’est plus à démontrer, le gouvernement Valls veut de nouveau offrir des dizaines de milliards d’euros au patronat sous forme de baisse de cotisations sociales.
Savez-vous comment il entend les financer ? En imposant 50 milliards d’euros de coupes budgétaires d’ici 2017 dans les dépenses de l’Etat, des collectivités territoriales et de la protection sociale. Le budget 2015, c’est d’ores et déjà 21 milliards d’euros de coupes dans les dépenses publiques. Collectivités, fonctionnaires, salariés, demandeurs d’emplois, retraités, étudiants… c’est nous qu’ils veulent faire payer !
L’austérité n’est pas la solution, c’est le problème ! La preuve :
Selon l’INSEE, « si le chemin suivi reste celui de l’austérité, de la baisse drastique de la dépense publique et sociale et d’une aide massive au patronat sans la moindre contrepartie pour l’emploi, les salaires et l’investissement, aucune amélioration n’est à attendre».
Pire, les 40 milliards du choc de compétitivité se traduiront par une baisse de l’investissement, une nouvelle baisse de la consommation des ménages et une nouvelle hausse du chômage avec 150 000 chômeurs supplémentaires d’ici fin 2015.
L'austérité signifie des licenciements, la casse des acquis, une précarité généralisée, des conditions de travail dégradées.
La baisse des dotations de l’Etat aux collectivités, alors qu’elles ne sont pas responsables du déficit puisque obligées de présenter des budgets en équilibre chaque année et qu’elles représentent près de 70% de l’investissement public (donc des emplois et de la croissance) n’aura pour conséquences qu’un recul du service public et de ses missions, un étranglement financier des collectivités locales et de leur capacité d’investir.
Parce qu’il est question de millions de vie et de l’avenir de nos territoires, il y a urgence à agir !
Il existe dans le pays une majorité de femmes et d’hommes disponibles pour construire cette alternative sociale et politique nécessaire, des forces syndicales, sociales, associatives, politiques qu’au Parti Communiste et au Front de Gauche nous voulons rassembler. Mettre un coup d’arrêt aux politiques en cours, imposer d’autres choix, cela ne peut se faire sans la mobilisation des salarié-es, sans l’intervention citoyenne.
Dans son immense majorité le peuple rejette cette politique imposée sans débat et avec autoritarisme. Cette situation créée une grave crise politique dont la droite et l’extrême-droite porteuses de graves projets de régression tentent de tirer profit.
D’autres choix sont pourtant possibles. Nous ne sommes pas condamnés à l’austérité permanente et à l’insécurité sociale.
Ce n'est pas le coût du travail qui tue l'emploi, c'est le coût du capital !
En effet, jamais les richesses créées par le travail n'ont jamais été autant détournées pour maintenir des taux de profits à deux chiffres au détriment des salaires, des investissements ou de la recherche !
Selon l'Insee, en 2012, les sociétés non financières (autres que banques et assurances) ont dépensé 157,9 milliards d'euros en cotisations sociales et patronales, contre 298,9 milliards d'euros en intérêts et dividendes. La part de la valeur ajoutée réservée au travail n'a cessé de diminuer, passant de 72,9% en 1981 à 66,6% en 2012, alors que dans le même temps, la part du capital a été multipliée par 7 passant de 39,1 milliards d'euros à 298,6 milliards. Les seuls dividendes, qui pesaient 5% de la valeur ajoutée il y a trente ans, en représentent 22,6% aujourd'hui.
Des solutions crédibles et efficaces existent !
• Arrêt des cadeaux aux entreprises sans contreparties = 200 milliards économisés par an
• Lutte contre la fraude fiscale des entreprises = 60 à 80 milliards de récupérés chaque année
• Lutte contre la fraude aux cotisations sociales des entreprises = 20 à 25 milliards pour la sécurité sociale
• Baisse des taux d’imposition des entreprises qui réinvestissent leurs profits dans la recherche et l’innovation, la création d’emplois stables et la formation qualifiante des salariés. A l’inverse, il faut les alourdir.
• Interdire les licenciements pour les entreprises qui réalisent des bénéfices et versent des dividendes
• Appliquer des taux différenciés d’impôts en fonction de la taille de l’entreprise (aujourd’hui les entreprises du CAC sont en moyenne imposées à 8% contre 30% pour les autres)
• Redonner du pouvoir d’achat en passant par une augmentation générale des salaires, des retraites, des minimas sociaux avec un Smic à 1700 €