Retrouvez sur ce blog les activités, communiqués, publications de la section de Saran du Parti Communiste Français. Nous contacter : pcfsaran@wanadoo.fr
Mesdames, Messieurs les député·e·s
Messieurs les sénateurs,
A l’heure où nous rédigeons cette adresse, nous apprenons qu’un jeune lycéen, élève en classe de seconde au Lycée Jacques Monod à Saint Jean de Braye, a été gravement blessé après avoir reçu un tir de flash-ball dans le visage. Nous ne pouvons que dire notre stupeur, notre consternation et notre colère. Combien faudra-t-il de blessé.es graves, de mort.es pour que ce gouvernement cesse ses attaques désormais meurtrières contre sa population ?
Car voici plusieurs jours que les lycéen.nes orléanais.es, comme partout en France, sont mobilisé.es : contre parcoursup, pour garantir le droit à l’éducation, l’abrogation de la loi ORE et de la réforme du bac, l’accès pour toutes et tous aux formations publiques, sans autre condition que les diplômes requis, la gratuité des formations et du matériel demandé (apprentissage), le droit à la formation tout au long de la vie…
Et voici plusieurs jours consécutifs que nous assistons à Orléans, à des scènes de violence inédite avec usage de la force toute aussi inédite face à des jeunes, mineurs ou non. Certes il y a eu jets de pierres et autres objets, insultes, mais la réponse disproportionnée au lieu de faire baisser la tension, la fait monter d’un cran chaque jour qui passe.
Tous ces jeunes ne sont pas des casseurs, et parmi elles, eux, nous avons entendu bien des interrogations, des colères : « Vous croyez qu’ils vont enfin entendre nos revendications ? », ou encore « on nous contrôle presque systématiquement dans le bus ou le tram, alors que nos parents ont du mal à finir les fins de mois ». Ils et elles reflètent le malaise profond de notre société où leur ligne d’horizon apparaît bouchée.
Quelles réponses leur sont-elles apportées alors que la casse des services publics se poursuit inexorablement, que le chômage reste à un niveau très fort, que la précarité devient la norme, avec moins de moyens pour l’éducation, les clubs et associations, moins ou plus du tout d’éducateurs de rue, moins d’accès aux soins de santé, à un logement décent et abordable pour sa famille, trop de contrats précaires mal payés, la fin des contrats aidés qui pouvaient être une porte d’entrée vers l’emploi pérenne…
Pour notre part, nous pensons que les réponses à apporter, comme pour les gilets jaunes ne sont pas la répression à tous les étages. Mais bien refaire le lien avec une société à repenser où ne domineraient plus que la loi du fric, la discrimination de classe, le mépris de toutes celles et ceux qui ne sont pas des nanti.es et à qui ce gouvernement ne cesse de faire des cadeaux fiscaux, tandis que la majorité est rackettée à coups de taxes, de hausses de CSG, de baisse d’APL, de désindexations des pensions et minima sociaux, baisse de remboursements Sécurité sociale, augmentation des cotisations de retraite complémentaire, salaires bloqués, augmentation des prix à la consommation…
Et pendant ce temps-là, l’Impôt sur la fortune (ISF) est supprimé, les cadeaux et autres crédits d’impôts pour les grandes entreprises continuent sans contrepartie, ni moindre effet sur l’emploi tandis que l’évasion fiscale dépasse les 80 milliards d’euros…
A l’heure où les blouses blanches, les robes noires, les cols bleus, les gilets jaunes, les ambulancier.es, les pompiers, les condamné.es à perpétuité à l’habitat indigne (et qui peuvent en perdre la vie, comme à Marseille) sont dans la rue, tandis que 48% des élus locaux de proximité déclarent ne plus vouloir se représenter aux prochaines élections, il est temps d’avoir des réponses fortes à cette crise de la Démocratie et de la République que nous vivons, autrement que par de simples ajustements à des politiques mortifères conduites depuis des années et qui détruisent tout notre tissu social, notre société dans son ensemble.
C’est d’un virage à 180° dont nous avons besoin. Pour L’Humain d’abord !
Nous exigeons cinq mesures immédiates pour permettre aux citoyennes et aux citoyens de notre pays de vivre dignement :
- Hausse du SMIC de 200 euros nets tout de suite, augmentation des pensions et minimas sociaux
- Egalité salariale femmes-hommes
- Suppression du CICE
- Rétablissement de l’ISF
- Taxer TOTAL et ses 10 milliards d’euros de profits annuels
Dans l’attente de vous lire, veuillez recevoir, Mesdames, Messieurs les parlementaires du Loiret, nos cordiales salutations.
Mathieu Gallois, secrétaire départemental du PCF45
Dominique Tripet, co-secrétaire départementale du PCF45
Christian Barbotin, Président de l’ADECR45
Schahin Karagoz, coordinateur départemental des Jeunes Communistes du Loiret
