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Lors du dernier Conseil communautaire du 21 mai dernier, les élus, à l’exception des quatre élus communistes-Front de Gauche, ont décidé d’approuver une nouvelle hausse des tarifs des transports en commun.
Si le contrat prévoit une évolution annuelle des tarifs basée sur l'inflation, certains titres ou abonnements se verront appliquer une augmentation plus forte encore. C'est le cas pour les tarifs de l'abonnement "tout public annuel" qui passe de 428 euros à 439 euros (+2,6%), l'abonnement "annuel jeunes" qui passe de 258 euros à 262 euros (+1,6%), l'abonnement "annuel sénior" qui connait la même évolution ainsi que l'abonnement "annuel plus" qui passe de 214 euros à 219,50 euros (+2,6%) et l'abonnement "mensuel de plus" bénéficiant à des personnes en difficultés qui voit sa durée de validité réduite.
Alors que l'AgglO et Keolis venaient de décider de prendre enfin en compte les propositions portées depuis des années par les usagers, les parents d'élèves et des élus locaux afin d'améliorer le réseau et donc le service rendu aux populations, ces nouvelles annonces risquent d'éloigner de nouveau certaines personnes des transports en commun.
C'est ignorer que le nombre de demandeurs d'emploi vient de nouveau d'augmenter, que la pauvreté et la précarité touchent un nombre toujours plus important de familles avec des budgets de plus en plus contraints et des dépenses qui augmentent. Alors que le prix du ticket était déjà cher pour une agglomération comme la nôtre, qu'il n'y a plus d'abonnement « étudiants », ces décisions vont aggraver la situation financière de nombreux habitants et usagers.
Alors que les questions environnementales et de santé publique sont régulièrement évoquées lors des pics de pollution qui se multiplient, que la France va accueillir en décembre la Conférence Climat, il y aurait besoin de mesures fortes pour développer l’accès des transports en commun pour tous dans notre agglomération. Un réseau répondant aux besoins des usagers est essentiel, tout comme des tarifs accessibles et pourquoi pas la gratuité. Osons le débat !
De nombreuses raisons et arguments plaident en faveur de celle-ci, notamment en terme de justice sociale et de santé publique.
C'est tout d'abord, une mesure juste et non discriminatoire, qui concerne tout le monde et chaque jour : Scolaires, étudiant-e-s ou retraité-e-s, chômeurs ou salarié-e-s, cadres ou intérimaires, touristes ou habitant-e-s, etc...
Nous payons toutes et tous nos transports publics de l'Agglo, aux travers de nos impôts. Tout-e habitant-e de l'Agglo financent à hauteur de 80% le coût des transports publics (bus et tram), même s'il n'a pas les moyens de payer un abonnement mensuel, l'un des plus chers de France. Il est temps d'inverser la charge et de demander comment en payant 80% du titre de transport, nombre de nos concitoyens ne peuvent pas les utiliser faute de moyens financiers. Au niveau de notre Agglo, la gratuité représenterait 4% de son budget.
Par ailleurs, nous subissons de manière récurrente de nombreux épisodes de pollution aux particules fines. Dix jours consécutifs en mars dernier, avec des indices de qualité de l'air mauvais et même très mauvais (9 sur une échelle de 10), une augmentation de la fréquentation des services d'urgence de l'hôpital pour des problèmes respiratoires, mais aussi de graves risques pour la santé de toutes et tous. Ce serait 40 000 personnes supplémentaires, chaque année, en France, qui décéderaient des conséquences de cette pollution.
La France, en la matière, est pointée du doigt par les instances européennes, car nous ne devons pas excéder chaque année 30 jours de pollution aux particules fines. Nous en sommes, en moyenne à 45 jours, avec de grandes disparités territoriales, bien entendu.
Nous ne pouvons plus accepter, ni même tolérer cela. Nous devons prendre nos responsabilités quant à ce problème de santé publique.
La gratuité des transports permettrait immédiatement de faire baisser la pollution. Il en va de la santé de toutes et tous. D'autres mesures également sont à prendre : Limiter la circulation des milliers de poids lourds qui sillonnent quotidiennement notre territoire, avec les conséquences que l'on sait désormais sur la qualité de l'air que nous respirons, notre santé, mais aussi sur l'état déplorable de nombre de nos routes, car oui, là aussi cela coûte à la collectivité. Il faut enfin privilégier le fret, le rail, et même le transport fluvial... Alors la loi Macron qui fait la promotion des cars en lieu et place du chemin de fer, c'est typiquement une hérésie !